L’Animation par Interpolation, comment ça marche?

L’Animation par Interpolation est une technique d’animation assistée par ordinateur. Celle-ci qui consiste à obtenir un mouvement, déplacement ou morphing d’un élément vectoriel. Le tout entre 2 images-clé créées à l’aide d’un logiciel d’animation.

En animation 2D, l’animateur va donc spécifier 2 points-clé dans les valeurs numériques. Il pourra ainsi changer l’échelle, l’emplacement, les couleurs, etc… d’un objet. Puis laisser l’ordinateur calculer la transition entre les 2 images-clé.

L’exemple le plus basique reste un cercle qui se déplace horizontalement de gauche à droite :


Animation par interpolation basique d’un cercle
Animation par interpolation basique d’un cercle

Bien sûr, l’animation par interpolation ne s’arrête pas qu’au simple mouvement d’un objet.

Il s’agit avant tout de modifier les valeurs de l’objet entre 2 états différents (images-clé). On pourra donc jouer avec sa couleur, sa taille, sa forme ou encore sa transparence pour créer des transitions (ou morphing). Le tout se fait de façon automatisées entre 2 images, sans avoir à redessiner chaque dessin :


Animation d’un morphing entre 2 formes différentes
Animation d’un morphing entre 2 formes différentes

Comme il s’agit d’animation assistée par ordinateur, l’interpolation est également utilisée en 3D. Elle est utilisée pour faire la transition entre 2 valeurs numériques configurées par des images-clé (ou Keyframes).

Le résultat reste le même, mais les possibilités en 3D sont bien plus nombreuses et par conséquent, plus complexes :


Sphère 3D pour laquelle on a animé la texture pour faire varier le relief et la luminosité
Sphère 3D pour laquelle on a animé la texture pour faire varier le relief et la luminosité

Les débuts de l’animation par interpolation

L’animation assistée par ordinateur débuta dans les années 1940. Les premiers pionniers commencèrent à expérimenter l’animation avec les images virtuelles générées par ordinateur.

L’un des pères du genre, John Whitney, créa entre autres le générique d’ouverture du film « Vertigo » (1958) d’Alfred Hitchcock en collaboration avec le Designer Graphic Saul Bass :



Au début des années 1960, Bell Labs, un centre de recherche intéressé dans l’expérimentation du domaine informatique et de ses diverses applications à venir, commençait à créer du contenu visuel entièrement généré par ordinateur.

Edward Zajac, chercheur à Belle Labs fut considéré comme l’un des premiers artistes digitaux. Il produisit l’un des 1er films entièrement généré par ordinateur.

Ce film, nommé « A Two Gyro Gravity Gradient » (1963), fut créé pour démontrer comment un satellite peut rester aligné face avec la Terre pendant le cheminement de son orbite autour de celle-ci :



Le logiciel Flash (Animate CC) et l’interpolation de mouvement

Adobe Flash (anciennement Macromedia Flash pour les connaisseurs) est un logiciel de création d’animations. Il utilise des images vectorielles, matricielles ou des scripts (ActionScript). Afin de créer des contenus multimédias destinés à être ensuite publiés sur le Web.

On peut donc l’utiliser pour de créer du contenu multimédia pour des jeux vidéo ou des applications mobiles. Mais son utilisation fut grandement détournée par les studios d’animation pour la production de séries TV 2D ou encore de films d’animation.

Il est aujourd’hui l’un des standards et l’un des logiciels les plus utilisés dans l’industrie de l’animation.



Il permet également, grâce à ses outils de dessins, de produire des animations traditionnelles.

Peu coûteux et simple d’utilisation, il permet également l’animation de personnages en cut-out grâce à la substitution d’images.

Il permet donc d’optimiser la vitesse de production, tout en réduisant les coûts et pour un rendu visuel de qualité. C’est pourquoi les studios l’adorent.

Ceci dit, pour les « puristes » de l’animation traditionnelle, Flash fut l’un des logiciels qui fit disparaître l’animation traditionnelle du marché. Justement grâce à tous ses avantages et le fait de vouloir trop économiser sur la production. Le résultat se ressent souvent dans l’animation avec ce genre de logiciel.

Animation saccadée, bâclée et qualité visuelle dégradée, les animateurs 2D de l’âge d’or de l’animation traditionnelle ont souvient bien du mal à s’adapter à ce genre d’animation réalisée par ordinateur…



Heureusement, il existe d’autres alternatives sur le marché, tel que le logiciel de Toonboom : Harmony.

Ce logiciel a la particularité, en plus d’avoir toutes les mêmes fonctionnalités que Flash pour l’animation cut-out, de redonner ses lettres de noblesse à l’animation traditionnelle.

Il permet, grâce entre autre à ses outils de dessins perfectionnés et sa table lumineuse, de recréer une approche plus traditionnelle de l’animation 2D. Le tout par ordinateur et cela est des plus appréciable pour ceux qui sont nostalgiques des animations sur papier au crayon!


L’animation par interpolation dans le domaine de la 3D

En animation 3D, on utilise le même principe qu’en animation 2D assistée par ordinateur. C’est à dire que l’on génère de l’interpolation entre 2 pauses-clé (ou keyframes en 3D).

À chaque création d’une nouvelle image-clé, on sauvegarde donc un ensemble de valeurs numérique qui détermine l’état d’un objet 3D dans l’espace virtuel à un temps donné.

Par exemple, on peut animer une sphère qui se déplace d’un point A à un point B horizontalement. Juste en changeant les valeurs de translation de l’objet sur l’axe des z.

Il en va de même pour animer l’objet 3D en rotation, scale (dimensions) ou n’importe quelle valeur numérique animable. On peut donc animer la texture, la lumière, ou encore le squelette d’un personnage en jouant même sur les valeur d’influence (weight) du rig appliqué sur le personnage, selon les effets que l’on souhaite obtenir. Les possibilités sont illimitées!

Comme pour n’importe quel logiciel d’animation par interpolation, on animera généralement à l’aide d’un éditeur de mouvement (Graph Editor en 3D).

Dans cet éditeur de mouvement, on pourra jouer avec des courbes afin d’appliquer des « ease in / ease out ». Ou animer n’importe quelle propriété de l’objet de façon visuel plutôt que d’entrer uniquement des valeurs numériques :


Graph Editor dans le logiciel 3D Maya
Graph Editor dans le logiciel 3D Maya

Fenêtre de l’Éditeur de mouvement dans le logiciel Flash
Fenêtre de l’Éditeur de mouvement dans le logiciel Flash

Le graph editor dans le logiciel de compositing Adobe After Effects
Le graph editor dans le logiciel de compositing Adobe After Effects

Bien sûr, qui dit animation numérique, dit de devoir animer avec des valeurs numériques.

Ce qui, pour un artiste est à l’opposé de l’aspect créatif et traditionnel auquel il s’attendait lorsqu’il passait tout son temps à gribouiller dans sa salle de classe au lieu d’étudier…

Mais il faut savoir vivre avec son temps, et les logiciels d’animation évoluant et proposant de plus en plus d’options intéressantes, il peut être fun de faire de l’animation par ordinateur. D’autant plus si l’on est capable d’appliquer les techniques d’animation traditionnelles au domaine du numérique!




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